Le Redoutable

27 septembre 2017 - 118 vues

Comment l'appeler ? Un biopic, un biopic romantique, ultra sixties, sur une époque de la vie de Jean-Luc Godard, réalisé par Michel Hazanavicius, avec Louis Garrel, Stacy Martin et Bérénice Bejo.

Godard tel qu’Anne Wiazemsky, sa première épouse alors comédienne et de 20 ans sa cadette, fait son portrait dans son roman « Un an après » en 2015. A Paris 1967, il est  le cinéaste le plus en vue de sa génération, tourne La Chinoise avec Anne Wiazemsky. Ils sont heureux, amoureux, séduisants, ils se marient. Mais la réception du film à sa sortie enclenche chez Jean-Luc une remise en question profonde. Mai 68 va amplifier le processus, et la crise qu'il traverse va le transformer profondément. Le couple habite Paris en plein mai 68, mouvement qui passionne le cinéaste maoïste de La Chinoise et indiffère sa jeune épouse.

C'est le moment où un type qui a été un génie est en train de perdre sa femme, sa jeunesse et son talent. Le réalisateur va le chercher dans son époque. À ce moment-là, Godard est encore jeune mais il est en train de basculer,  mai 68 est un moment où les enfants prennent le pouvoir, en France, d'une certaine manière. Et lui, il court après cette jeunesse. Il dit d'ailleurs qu'il déteste les vieux. C'est l'époque où il sait qu'il n'a plus de talents, il a 38 ans, il ne peut plus arriver le matin sur le tournage en n'ayant rien préparé et en écrivant des dialogues épatants que vont dire les acteurs. Il n'a plus cette énergie-là. Donc il va se consacrer à la politique, en artiste maoïste, souvent incompréhensible.

C'est un vrai Godard de cinéma. Un Godard stylisé mais qui existe à l'écran. Et c'est ça qu'on voit sur l'écran : en plus, on sent dans ce film l'atmosphère de mai 68, ce qui est assez rare. Pour cela on le verra avec plaisir, et puis parce que Godard, on l'a tous aimé, on a connu « la Chinoise », parce que Godard vu par Hazanavicius ce n'est pas inintéressant, mêlant humour et mélancolie, hommage et dérision, drôlerie et légèreté, pour décrire un artiste destructeur, et un couple explosé. Et même si certains disent que c'est un film qui ne sert pas à grand-chose.

Martine

 

Projections au Ciné Islais

Mercredi 27 septembre : 21h00

Dimanche 1er octobre : 21h00

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