120 battements par minute

20 septembre 2017 - 143 vues

De Robin Campillo. On est transporté dans les années 90, alors que le SIDA tue depuis déjà presque 10 ans. Les plus touchés sont les toxicomanes, les homosexuels et les prostitués, à qui on accorde bien peu d’importance. Avec l’affaire du sang contaminé, de nouvelles victimes apparaissent, des enfants tombent malades.

Les militants d’Act Up Paris, tous très différents, d’horizons divers, qui ne se seraient certainement jamais rencontrés si ce n’était pas ici, tous animés par la même chose, lutter contre l’indifférence générale face au SIDA, se réunissent toutes les semaines pour débattre des actions futures et débriefer les actions passées. On commence le film avec le collectif en ne laissant pas paraitre les individualités de chacun. Le groupe ne fait qu’un, malgré les divergences, les tensions et les débats houleux, il y a une unité entre ces compagnons de colère. Puis vers la moitié du film on passe à l’individu, à l’intimité, à travers l’histoire d’amour de Nathan, petit nouveau chez Act Up et Sean, militant séropositif de longue date.

Malgré ce sujet grave, la joie et l’optimisme sont omniprésents dans le film, notamment lors de ces scènes de fête magnifiquement filmées, sur la musique d’Arnaud Rebotini, qui a composé la bande originale, en hommage à la musique house qu’on pouvait écouter dans les clubs dans les années 90 et dont le rythme a donné son titre au film, 120 battements par minute.

Le film a été conçu par des ex-militants d’Act Up Paris, qui a été fondé en 1989, d’après Act up New York. Le réalisateur ne voulait pas s’inspirer de personnages ou de situations réels mais de ses souvenirs de scènes précises qu’il a intégré dans une histoire totalement inventée.

120 battements par minute, ce sont des scènes de paroles, de débats hebdomadaires dans les amphis, mais aussi des scènes où les corps sont sublimés que ce soient des corps en action, des corps malades, des corps qui font la fête ou des corps qui font l’amour.

Aujourd’hui, on ne guérit toujours pas du SIDA même si on peut survivre grâce à des traitements lourds. Il y a encore environ 6 500 contaminations par an en France, sans compter les personnes atteintes qui ne le savent pas. Il n’y a toujours pas d’égalité dans l’accès aux soins ou la prévention. Act Up continue sa lutte pour les malades du SIDA et s’engage dans la défense des droits LGBT et même si les esprits ont évolué depuis le début des années 90, il y a encore beaucoup de blocages et du chemin à faire.

Certes c’est un film qui parle de la maladie et de la mort mais c’est avant tout une ode à la vie.

Le film a remporté le Grand Prix au dernier Festival de Cannes, où il a beaucoup fait parler de lui.

Fanny

 

Projections au Ciné Islais

Vendredi 22 septembre : 21h00

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